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Un siècle de "jours d'Angles"

Dans la contrée d’Angles-sur-l’Anglin, située aux confins du Berry, de la Touraine et du Poitou, des générations de femmes ont brodé de la lingerie suivant la technique des fils tirés. Du Second Empire aux Trente Glorieuses s’est constitué un patrimoine local. Beaucoup de femmes savent encore faire des "jours" et ont apporté leur témoignage pour cette étude socio-historique qui mobilise toutes les sources disponibles, et en particulier les archives inédites des principaux ateliers.
 
François Bigot, sociologue, a longtemps conduit des recherches en action et politiques sociales à Tours. Il habite Vicq-sur-Gartempe, et préside l’association VGCA (Vals de Gartempe, Creuse, Anglin - Patrimoine et Développement). Il a dirigé les études pour cet ouvrage et réalisé les photographies.
 
Texte d'introduction
 
Les gens de la contrée d’Angles-sur-l’Anglin vous diront qu’autrefois toutes les femmes faisaient des jours. Aucun bâtiment industriel ne témoigne de cet artisanat qui s’exerçait dans les maisons ou dans la rue, mais bien des ouvrages ajourés sont rangés dans les armoires à linge. Et surtout, alors que la production des jours a perdu son importance économique, le savoir-faire subsiste.
 
Dans cette contrée à la frontière du Berry, de la Touraine et du Poitou, des générations de femmes ont travaillé à faire des jours. On évoque sa mère, sa grand-mère, travaillant toute la journée, tard dans la nuit, pour finir à temps l’ouvrage commandé. Mais la mémoire fait défaut pour savoir de quand datent les jours. Il faut alors consulter des archives publiques pour tenter de retrouver le démarrage de cette activité, et en suivre l’évolution dans le temps. Mais ce sont surtout des archives privées qui fournissent des traces : des échantillons d’ouvrage, des dessins et reproductions, des commandes, des livres de compte, des photographies.
 
Cette remontée dans le temps nous conduit au milieu du XIXème siècle. L’activité qui se développe alors à Angles-sur-l’Anglin n’est pas identique à celle qui se pratique dans les années 1950, mais les lingères de cette époque sont à la source de ce qui deviendra une spécialité d’Angles-sur-l’Anglin, mais aussi de sa contrée. Située à la lisière du Bas-Berry, la contrée a profité du développement important de l’industrie de la confection de cette région. Cependant elle n’a pas emprunté le chemin de la mécanisation, car l’activité est restée artisanale.
 
Ces travaux d’aiguille sont réalisés par des femmes, mais comme dans d’autres régions productrices de broderie, la "marqueuse" et "l’ajoureuse" s’inscrivent dans une division du travail. L’histoire de la production des jours fait apparaître la place occupée par une poignée d’hommes. Ils sont commerçants, maître d’ouvroir ou chemisier, tiennent des fabriques de lingerie, mais surtout ils sont dessinateurs. Les jours sont une technique, et les femmes de la contrée d’Angles sont renommées pour leur savoir-faire dans ce domaine et leur capacité d’invention, mais la beauté des ouvrages ajourés repose sur les compositions réalisées par des dessins géométriques ou figuratifs. Les archives laissées par les dessinateurs prouvent la richesse et la diversité des ouvrages brodés dans la contrée.


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