Concert de Printemps _ Juin 2013


Photo Mathilde Kiener
Photo Mathilde Kiener

 

Raphaël Merlin - Violoncelle

 

Pierre Fouchenneret - Violon

 

Simon Zaoui - Piano


 

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Trios pour piano et cordes de Brahms, Fauré et Schubert

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Le Trio de Brahms est une œuvre de maturité, les Trios de Schubert et de Fauré appartiennent l'un et l’autre aux toutes dernières compositions de leurs auteurs.

 

 

Johannes Brahms (Hambourg 1833 - Vienne 1897)

Trio no 3 en ut mineur op. 101, 1886

1. Allegro energico (3/4)

2. Presto non assaï (en ut mineur)

3. Andante grazioso (en ut majeur)

4. Finale : Allegro molto (en ut mineur, à 6/8)

 

Ce trio est le dernier des trois Trios pour piano et cordes de Brahms, le premier étant une œuvre de jeunesse (1854), le deuxième datant de 1882. Composé durant l'été 1886 sur les bords du lac de Thun en Suisse, en même temps que la sonate n° 2 pour violoncelle et piano (op. 99) et la sonate n° 2 pour violon et piano (op. 100), il fut d'abord déchiffré entre amis, à Berne. Il fut créé en première audition publique en décembre 1886 à Budapest avec le violoniste Jenö Hubay, le violoncelliste David Popper et Brahms lui-même au piano. On ne sait pas bien quel accueil il reçut. Concision de la forme, concentration de la pensée, typiquement brahmsien, dans la maîtrise de l'âge mûr, une sorte de retour magnifiquement assumé vers une jeunesse lointaine et cependant présente, ainsi ce Trio est-il qualifié par le musicologue F.-R. Tranchefort.

 

Le premier mouvement, puissamment concentré, développe trois thèmes, dont le premier très rythmique, le deuxième plus mélodique. Le deuxième mouvement est plus fantasque ; L’Andante est remarquable par la souplesse de la mesure, et la simplicité du thème semblable à un lied populaire. Le Finale est le mouvement le plus développé de la partition et enchaîne fantaisie puis joie triomphante.

 

 

Gabriel Fauré (Pamiers 1845 - Paris 1924)

Trio en ré mineur, op. 120, 1922-1923

1. Allegro moderato à 6/8, Allegro ma non troppo (à 3/4)

2. Andantino (à 414 en fa majeur)

3. Finale : Allegro vivo (à 3/8 en ré mineur)

 

L'essentiel de la musique de chambre de Fauré a été composé dans les 8 dernières années de sa vie créatrice. Ce Trio a été écrit sur la suggestion de Jacques Durand, l'éditeur de Fauré, alors que Fauré est âgé de 77 ans et qu'il souffre de diverses infirmités, dont la surdité. La partition est ainsi ébauchée à Paris en mai - juin 1922 ; l'Andantino central (mouvement lent) est écrit en août et septembre à Annecy-le-Vieux, chez son ami Fernand Maillot ; le 26 septembre 1922, à Annecy-le-Vieux, Fauré écrit en effet : << J'ai entrepris un Trio pour clarinette (ou violon), violoncelle et piano. Un morceau important de ce Trio commencé ici il y a un mois, est terminé > ; les deux autres mouvements sont terminés pendant l'hiver et le printemps 1922-1923.

 

Le Trio, avant-dernière composition de Fauré, est créé à Paris le 12 mai 1923 par trois jeunes musiciens, le jour même du 78ème anniversaire de Fauré, qui, malade, ne peut assister à ce concert ; il est redonné le 29 juin à l'École Normale de Musique par le Trio Cortot- Thibaud-Casals. Son succès fait dire à ses amis : << S'il vit jusqu'à cent ans, jusqu'où ira-t-il ? >> La Reine Élisabeth de Belgique écrit à Fauré : << Cher maître, j'ai entendu votre beau Trio qui m'a causé une profonde émotion. Cette œuvre est si grande et pleine de charme poétique et j'ai été enveloppée par cet inexprimable délice qui se dégage de vos compositions>>. Curieusement l'édition imprimée ne fait plus mention de L’alternative possible entre la clarinette et le violon prévue au départ par L’auteur. Cependant, la clarinette peut aisément reprendre la partie de violon, offrant au trio un autre éclairage.


L'Allegro, écrit dans la forme sonate classique, développe deux thèmes, d'une sérénité lumineuse ; I'Andantino est poétique et lyrique, et le Finale, bref, rapide, virtuose, est plein de vie rythmique, d'insouciance et de joie radieuse. <<Au diable la vieillesse! >> écrivait Fauré à sa femme en 1922.

 


Franz Schubert (Vienne 1797-Vienne 1828)

Trio n° 2 en mi bémol majeur, op. 100, Deutsch-Verzeichnis 929, novembre 1827

1. Allegro (à 3/4)

2. Andante con moto (en ut mineur, à 2/4)

3. Scherzo : Allegro moderato (en mi bémol majeur, à 3/4) – Trio (en la bémol majeur)

4. Allegro moderato (à 6/8).


Alors qu'en 1826 Schubert termine son quinzième Quatuor à cordes, il n'a encore pas composé de Trio pour piano et cordes, un genre considéré comme plus brillant, voire plus mondain. Au cours de l'été et de l'automne 1827, à un moment difficile de sa très courte vie - sa santé est de plus en plus chancelante, de terribles maux de tête l'obligent à interrompre fréquemment son travail -, il compose presque en même temps deux Trios, tous deux destinés aux mêmes musiciens : Carl Maria Bocklet, pianiste virtuose et ami de Schubert, Schuppanzigh au violon, et Linke au violoncelle.

 

Le Trio n° 2 a été joué le 26 décembre 1827 à Vienne, puis le 26 mars 1828, et l'œuvre fut immédiatement éditée mais Schubert mourut trop tôt pour en corriger les épreuves. Il est composé de quatre amples mouvements, dont les rappels thématiques soulignent l'unité de La structure. L 'Allegro développe trois thèmes complémentaires, le premier aux accents beethovéniens, le deuxième plus angoissé, l e troisième d'un lyrisme fondé sur des changements de couleurs et de climats. L'Andante dans des accords répétés évoque un rythme lent de marche, inspiré d'un lied suédois << Vois, le soleil décline >> et proche du premier lied du Voyage d'Hiver; tonalité funèbre, indécision, désarroi ? Le Scherzo dans un canon à deux voix, dansant, brillant, tente d'alléger le climat. Dans le Finale, Allegro moderato, se succèdent joie bon enfant, climat sombre, dramatisation, tendresse, et retour à une allégresse victorieuse.


Schumann, comparant ce Trio n° 2 au Trio n° 1, le juge plus actif, viril et dramatique et conclut : << Que cette œuvre demeure pour nous comme un précieux testament ! Les temps, aussi prolifiques soient-ils, ne nous apporteront pas de si tôt un nouveau Schubert. >>


Les musiciens qui nous ont offert ce concert

 

Raphaël Merlin

 

Né en 1982, Raphaël Merlin débute la musique à six ans au CNR de Clermont- Ferrand : violoncelle, musique de chambre, piano, composition, piano-jazz.

Passionné par les correspondances entre les styles de musiques les plus opposés, il diversifie très tôt son activité de musicien. Il intègre en 1997 le CNR de Boulogne-Billancourt, puis est reçu en 2001 1er nommé dans la classe de Philippe Müller au CNSMD de Paris dont il sort en 2005.

 

La musique de chambre occupe une part centrale de son activité notamment depuis son entrée, en 2002, dans le Quatuor Ebène où il poursuit une carrière internationale de premier plan, (Wigmore Hall à Londres, Carnegie Hall à New-York, théâtres du Châtelet et des Champs-Elysées à Paris, Philharmonies de Berlin et Cologne, Musikverein de Vienne...). Raphaël se produit aussi en soliste avec l'Orchestre du Conservatoire Tchaïkovski de Moscou, les Orchestres de Massy, de Paris Sorbonne, Sostenuto en Auvergne.

 

Il dirige L’orchestre du Petit Lion au Printemps Musical de St Cosme et programme le Festival < Les Chaises Musicales > début août dans la Vienne. En 2008, le Klangforum Mitte Europa lui passe sa première commande : << Eléa >>, pour quatuor à cordes et orchestre créée n 2011 avec le Quatuor Ébène.

Après <<Pas de Deux>> pour violon et violoncelle en 2012, commande de la Borletti-Buitoni Trust, Nicolas Altstaedt lui a commandé un concerto pour violoncelle et cordes (création en 2014 au Lockenhaus Festival).

Il joue un violoncelle d'Andrea Guarneri (Crémone, 1680), prêté par la Forberg-Schneider Stiftung.

 

 

Pierre Fouchenneret

 

Pierre Fouchenneret, né à Grasse en 1985, débute ses études musicales de violon dès l'âge de cinq ans au CNR de Nice. En 1998 il obtient le premier prix de violon à l'unanimité avec les félicitations du jury à l'âge de douze ans. La même année, il est reçu au concours d'entrée du Conservatoire National Supérieur de Paris. Il obtient le premier prix de violon avec la mention très bien à l'unanimité et deux ans plus tard, dans la classe de Daria Hovora un premier prix mention très bien de musique de chambre. Parallèlement, il travaille avec des artistes et pédagogues de renom tels Devy Erlhi, Janos Starker, Pierre Laurent Aimard...

 

En 2003 il devient lauréat de la fondation d'entreprise Groupe Banques Populaires, ce qui lui permet de mener à bien ses projets musicaux

Depuis, il est invité dans les studios de France Musique et de la télévision (France Télévision, Arte, Mezzo...).Il se produit régulièrement en concert tant en France qu'à l'étranger (Allemagne, Hongrie, Espagne, Algérie, Maroc, Cambodge, Portugal, Italie, Belgique, Canada, Inde, Bulgarie...).

 

Il participe à de nombreux récitals en sonate, formation de musique de chambre ou en soliste avec orchestre (Orchestre de l'Opéra de Nice, St Petersbourg Chamber Orchestra...) et se produit dans le cadre de nombreux festivals avec des musiciens de renom (Hortense Cartier- Bresson, Marielle Nordmann, Roland Pidoux, Henri Demarquette, Marc Coppey, le Quatuor Ébène, François Salque...)

Avec le violoncelliste Antoine Pierlot et le pianiste Julien Gernay, il a enregistré les deux trios de Mendelssohn chez Explora Concept ainsi qu'un disque consacré au compositeur Roger Steptoe. Au côté de l'ensemble Initium, il enregistre le Nonette de Georges Onslow, disque salué par la critique. En 2013 il fonde aux côtés de François Salque et Lise Berthaud le quatuor Strada.

 

 

Simon Zaoui

 

Simon Zaoui a étudié au CNR de Boulogne-Billancourt où il obtient un premier Prix de piano ainsi que trois premiers Prix de musique de chambre. Il intègre le Conservatoire national Supérieur de Paris où il est l'élève d'Alain Planès et d'Emmanuel Strosser pour le piano, de Patrick Cohen pour le pianoforte et de Jeff Cohen pour l'accompagnement vocal.

 

Admis en cycle de perfectionnement au CNSMDP dans la classe de Claire Désert, il part ensuite travailler avec Tuija Hakkila à I'Académie Sibelius d'Helsinki. Il se perfectionne également auprès d'Aldo Ciccolini, Robert Levin et Menahem Pressler. Il remporte le premier Prix et le <<Prix Fauré >>du Concours International de piano de Brest. Il est également récompensé par le Prix du Rotary-club de l'académie Maurice Ravel. Il reçoit le soutien du mécénat musical Société Générale et de la fondation Meyer. Depuis dix ans, Simon Zaoui est invité à se produire en soliste et en musique de chambre au Brésil, au Japon, en Allemagne (Ruhr Klavier Festival), en Suisse, en Angleterre, dans le Maghreb et le Machrek, en IsraëI, ainsi que dans les plus grandes salles et festivals français parmi lesquels : le festival de La Roque d'Anthéron, Piano aux Jacobins à Toulouse, les Serres d'Auteuil, la << Folle Journée >> de Nantes, les<< Moments musicaux >> du Théâtre du Châtelet, la Cité de la Musique, la salle Olivier Messiaen de Radio-France...

 

Il collabore comme pianiste et pianofortiste avec l'ensemble Matheus de Jean-Christophe Spinosi et travaille également avec le Chamber Orchestra of Europe et l'Orchestre de Paris.

Ses partenaires en musique de chambre sont les violonistes Sarah et Déborah Nemtanu, Pierre Fouchenneret, le violoncelliste François Salque, les quatuors

Voce, Ébène, Modigliani et Psophos...